Hiver 2019-2020 : A quoi peut-on s'attendre ? 

Vendredi 16 Août 

En cette fin d'été plutôt désagréable hormis sur l'extrême Sud-Est du Pays, une toute première tendance pour la saison hivernale est émis. Dans 3 mois, l'hiver météorlogique débutera. Mais à quoi peut-on s'attendre ? Quels sont les premiers indices concernant le premier hiver de la 2ième décennie des années 2000 ? 

 

Les limites de la tendance 

Une tendance à une si longue échéance n'est pas forcément très fiable et il est surtout impossible de donner une prévision détaillée pour le 22 Janvier 2020 par exemple, seul une large tendance globale ( dominante anticyclonique, longues périodes froides, dépressions, dégradé Nord-Sud etc... ) est possible. De plus, un mois apparaisant " plus doux que la normale " peut être marqué par une période fraîche et une grande période douce comme tout un mois entier doux. Il convient donc de prendre du recul sur cette prévision qui donne juste une vue d'ensemble de la période hivernale 2019-2020.

 

Les différents indices...

Pour les tendances à long terme, il existe de très nombreux indices que ça soit à l'échelle mondiale comme à échelle Européenne qui permettent d'élaborer en plus des modèles météorologique, une tendance. En météorologie et climatologie, tout est lié, de la grande douceur au Québec ou de forts orages en Indonésie peuvent influencer le temps et la prévision pour l'Europe. Voici les différents indices et leurs significations : 

Les vents zonaux : Le vent zonal, et un vent venant de l'Ouest et donc venant l'Océan Atlantique. Il est très utile en hiver pour évaluer le risque du basculement de ce vent au secteur Ouest ce qui indiquerait de la douceur et de l'humidité ( voire des tempêtes en cas de concordance du Jet-Stream, un couloir de vent parfois violent situé à 10000 m d'latitude et de cyclogènése ( dépressions en renforcement ). Les différentes prévisions pour cet hiver indique des vents zonaux faibles, bien en dessous de la moyenne des hivers entre 1979 et 2018, on pourrait donc en conclure que le vent d'Ouest apportant douceur et humidité ne serait pas le vent dominant.  

 

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       Evaluation des différents scénarii des vents zonaux

                              Source : Weatherscool.com

Phénomènes El Nino / La Nina : Le phénomène "El Nino" est un phénomène de réchauffement des eaux et par extension des températures plus élevées que la normale dans la partie Est de l'océan Pacifique Sud, plus particulièrement au large du Pérou et de l'Equateur, il est lié à un cycle de variations de la pression atmosphérique couplé à un courant océanique le long de l'Equateur. Sur les chauds chaudes, les formations nuageuses et pluvieuses sont constantes. Le phénomène "La Nina" est aux antipodes de son pendant "El Nino" en effet, les eaux entre Pérou et Equateur se refroidissent et deviennent plus froides et plus sèches. En Europe, des effets peuvent être constatés, lors d'un phénomène "El Nino", l'Europe se retrouve avec de la douceur et de l'humidité alors que un phénomène "La Nina" va plutôt donner un temps frais et sec. Les prévisions pour l'hiver 2019-2020 sont plutôt pour un retour progressif de "La Nina" faible à modérée ( pouvant osciller entre -0,5°C et -1° ), ce dernier pourrait donc influencer l'Europe par un temps plus froid et sec que la moyenne, cet indice va dans le même sens que celui des vents zonaux.

 

 

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       Scénarii pour le phénomène "El Nino/La Nina", T° <0° = La Nina, T° >0° = El Nino

                                                      Source : NOAA

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Oscillation de Madden-Julian ( MJO ) : Ce phénomène permet d'identifier l'anomalie de fortes précipitations au niveau de l'Equateur, essentiellement dans l'océan Pacifique et Indien. Cette zone de fortes précipitations se déplace de l'Ouest du Bassin Indien vers l'Est du Pacifique au gré des eaux plus chaudes. Ce phénomène est réparti en 8 zones, la 1ière zone, indique des précipitations excédentaires dans le Bassin Indien alors que la zone 8 indique des précipitations excédentaires sur l'Est du Pacifique. Certaines phases influencent les centres d'action et les précipitations en Europe. Pour la 1ière partie de l'hiver, une phase 2 puis 3 pourrait avoir lieu, les précipitations pourraient être donc de saison, voire légèrement supérieurs. Les températures quant à elles, pourrait être plus basses que la moyenne en étudiant cet indice. Ce dernier entre donc en corrélation avec les 2 précédents

 

 

       Oscillation de Madden-Julian au niveau de l'Equateur ( OND 2019 )

                                                      Source : NOAA

Oscillation Quasi-Biennale ( OQB ) : L'oscillation quasi-biennale ou OQB est un changement oscillatoire de la direction des vents entre Est et Ouest dans la strastophère équatoriale ayant une période 24 à 30 mois. L'oscillation provient d'ondes atmosphérique et surtout d'ondes de gravité provenant de la troposphère. Ce dernier est lié à l'activité solaire, en berne ces dernières années ou nous approchons d'un minimum. D'après les prévisions, l'activité solaire devrait être à son plus bas durant l'hiver 2022-2023, l'activité serait tout de même très faible cet hiver favorisant un hiver froid. Cependant, combiné à l'oscillation, l'ensemble montre de la douceur en Europe et un temps plus froid au pôle

 

 

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       Valeurs relevés du QBO ( valeur positive : vent d'Ouest, négative : vent d'Est ) 

                                                       Source : NOAA

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                     Nombre de taches solaires ( activité solaire ) jusqu'en 2023

                                                         Source : NOAA

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Evolution de l'extension de la glace durant la saison hivernale sur l'hémisphère Nord 

                                                       Source : NOAA

 

Snow Advance Index : Cet indice permet d'évaluer la probable de neige et de glace sur probable sur l'hémisphère Nord et l'Eurasie pour la saison hivernale. En voyant ces indices, il s'avère que le début de la saison hivernale pourrait voir une recrudescence de glace sur l'hémisphère Nord ( >12 millions de tonnes de glace par km2 au mois de Décembre, approchant donc des seuils plus atteint depuis le début des années 2000. Cependant, à l'échelle globale l'extension devrait être bien inférieur, au même niveau de ces dernières années. ( +- 14 millions de tonnes de glace au km2 au plus fort de l'hiver pour une moyenne se situant à 15,3 millions ). Cela nous montre donc que si une coulée froide venant à s'entreprendre, elle serait probablement plus probable en début d'hiver qu'en fin d'hiver.

 

 

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          Probable extension de glace en Décembre 2019 et extension depuis 1979

                                                          Source : NOAA

 

Bilan des indices : L'ensemble des indices opte pour un hiver qui ne semblerait pas très doux. On pourrait s'orienter vers un hiver possiblement mitigé, alternant entre froid ( 1ière partie d'hiver ) et douceur ( plus probable en 2nd partie ). Les précipitations pourraient être importantes au Sud notamment avec un risque d'épisodes Méditerranéens / Cévenols jugé important pour cet hiver...

 

 

 

Les modèles météorologiques

CFS : Le modèle Américain "CFS" développé par la NOAA propose une tendance à long terme à plus de 6 mois. Concernant les indicateurs thermiques et pluvieux de cet hiver. D'après le modèle, la première partie d'hiver semble être majoritairement "de saison", devant plus doux vers la 2ième partie de l'hiver. Côté précipitations, pas de grandes anomalies pour la 1ière partie, plus humide par la suite ( pas de grosses anomalies pluvieuses recensées vers la Méditerranée ). L'hiver pourrait donc alterné sur de grandes périodes entre périodes douces, fraiches, séches, humides. 

 

 

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          Anomalie des températures de Septembre 2019 à Février 2020

                                                   Source : NOAA

 

          Anomalie des précipitations de Septembre 2019 à Février 2020

                                                   Source : NOAA

 

CEP / ECMWF : Le modèle Européen nommé "CEP OU ECMWF" montre des signes assez forts de douceur prononcée pour tout l'hiver, peut-être s'atténuant en fin de période sur la moitié Nord du Pays, plus durable et marquée sur la moitié Sud. Quelques signes d'épisodes pluvieux intenses autour de la Méditerranée se font voir entre la fin de l'année et le début de l'année prochaine, la pluviométrie resterait excédentaire sur la moitié Nord, devant plus sec. Un hiver donc doux et humide d'après ce modèle. 

 

 

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                      Anomalie des températures de Novembre à Février

                                                   Source : Copernicus

 

                      Anomalie des précipitations de Novembre à Février

                                                   Source : Copernicus

 

IRI : Sur ce modèle nommé IRI ( International Research Institute en français, Institut International de Recherche ), développé par la NOAA sur un recalibrage du projet Nord-Américain d'ensemble multi-modèles ( NMME ). Ce dernier envisage un trimestre Octobre-Novembre-Décembre plutôt "de saison" voire légèrement plus frais que la normale. Côté précipitations, elle semblent dans les normales au vu de la sortie du modèle. Pas de grosses anomalies sur ce modèle.

 

 

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                      Anomalie des températures de Octobre à Décembre

                                                   Source : Iri.columbia

 

                      Anomalie des précipitations de Octobre à Décembre

                                                   Source : Iri.columbia

 

Met-Office : Le modèle Anglais développé par l'institut du même nom, nous indique que l'Europe pourrait baigner dans une grande douceur durant le trimestre Octobre-Novembre-Décembre. Niveau précipitations, il est vu sur ce modèle des précipitations possiblement plus importantes au Nord, plus "normales" au Sud avec l'apparition d'épisodes pluvieux intenses. Douceur et humidité semble être vu par ce modèle.

 

 

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                      Anomalie des températures de Octobre à Décembre

                                                   Source : Copernicus

                      Anomalie des précipitations de Octobre à Décembre

                                                   Source : Copernicus

Météo-France : Le société Française, Météo-France, indique via son modèle du même nom, des températures plus élevées que la norme sur l'Europe de l'Est. En France, pas de gros signal de douceur ni de précipitations excédentaires.  

 

 

                      Anomalie des températures de Octobre à Décembre

                                                   Source : Copernicus

                      Anomalie des précipitations de Octobre à Décembre

                                                   Source : Copernicus

DWD : Enfin, le modèle Allemand ne change pas la donne, toujours une relative douceur sur l'ensemble du Bassin Européen, aucun signal côté précipitations pouvant faire penser que la pluviométrie serait "de saison". 

 

 

                      Anomalie des températures de Octobre à Décembre

                                                   Source : Copernicus

                      Anomalie des précipitations de Octobre à Décembre

                                                   Source : Copernicus

Bilan des modèles : L'ensemble des modélisations à ce jour voit des températures au dessus des normales de saison, côté précipitations, cela semble également être homogéne côté modéle, aucun signal est émis concernant de très fortes pluies ou non. Mise à part l'ensemble CFS, CEP et IRI qui reste plus "de saison" pour la 1ière partie de l'hiver sans vraiment afficher des températures en déça des normales de saison de même pour les précipitations sauf pour CEP qui penche vers un début d'hiver plutôt humide.

 

 

 

Bilan de la tendance 

L'hiver 2019-2020 pourrait donc offrir un véritable contraste entre son début ( peut-être plus froid que la normale surtout au Nord ) comme le voit la plupart des indices ainsi que le modéle CFS et sa fin qui pourrait devenir plus douce et plus humide. La probabilité d'épisodes Cévenols et Méditerranéens est jugée présente, surtout en début d'hiver. L'hiver pourrait donc s'avérer être mitigé entre froid et douceur. Un nouveau point sera émis si de grosses modifications viennent à arriver.

 

 

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